Tout comme l'héritage archéologique du pays (tombes, statues, sarcophages...), de nombreux textes sur pierre, sur bois, sur papyrus ou sur d'autres supports d'écriture donnent à l'homme d'aujourd'hui l'impression d'un intérêt très développé des détenteurs de la culture égyptienne pour tout ce qui concerne la mort, le tombeau et l'au-delà.
Il faut noter que l'architecture consacrée au monde des dieux et des morts a été construite en pierre alors qu'on utilisait la brique crue, le bois, la paille, matériaux qui ont une durée très limitée, pour les constructions des vivants. Les Égyptiens organisaient les bâtiments profanes en fonction des besoins de la vie quotidienne mais érigeaient les constructions consacrées aux dieux et aux morts pour l'éternité.
Il y a tout lieu de penser que, loin d'être obsédés par la mort, ils croyaient à la vie éternelle dans l'au-delà. C'est pourquoi l'Égyptien désigne l'état après la mort physique par ankh, qui signifie "vie".
La conception de la personnalité
La personnalité individuelle se présente sous différents aspects :
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Le djet est le corps matériel.
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Le akh, l'esprit au sens de fantôme, est représenté par un ibis.
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Le ba, principe spirituel qui vient à la naissance et reprend sa liberté après la mort sous la forme d'un oiseau à tête humaine est un élément dynamique : il vole, sort de la tombe et garantit ainsi la participation du défunt à la vie extérieure. Il revient toujours à la tombe car l'inséparabilité du ba et du corps est cruciale.
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Le ka est l'énergie vitale. C'est au ka du défunt que l'on porte les offrandes. Pour survivre, il a besoin d'un support : cadavre momifié, statue ou image gravée. Le ka garantit ainsi l'existence de l'homme dans l'au-delà.
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De plus, le nom de l'individu est vivant : il suffit de le prononcer pour perpétuer l'existence de celui qui le porte.
L'organisation de la survie
La momification
La momification est la protection initiale. Il est nécessaire que les principes immatériels de la personnalité puissent trouver dans le corps un support permanent.
Hérodote nous en a laissé un témoignage très détaillé :
Tout d'abord à l'aide d'un crochet de fer, ils retirent le cerveau par les narines ; ils en extraient une partie par ce moyen, et le reste en injectant certaines drogues dans le crâne. Puis avec une lame tranchante en pierre d'Ethiopie, ils font une incision le long du flanc, retirent les viscères, nettoient l'abdomen et le purifient avec du vin de palme et, de nouveau, avec des aromates broyés. Ensuite, ils remplissent le ventre de myrrhe pure broyée, de cannelle et de toutes les substances aromatiques qu'ils connaissent, sauf l'encens, et le recousent. Après quoi, ils salent le corps en le couvrant de natron pendant septante jours ; ce temps ne doit pas être dépassé. Les septante jours écoulés, ils lavent le corps et l'enveloppent tout entier de bandes découpées dans un tissu de lin très fin et enduites de la gomme dont les Égyptiens se servent d'ordinaire au lieu de colle. Les parents reprennent ensuite le corps et font faire un sarcophage de bois, taillé à l'image de la forme humaine, dans lequel ils le déposent ; et quand ils ont fermé ce coffre, ils le conservent précieusement dans une chambre funéraire où ils l'installent debout, dressé contre un mur.
Histoire, Livre II, 86
Les viscères sont déposées dans quatre vases placés dans un coffre : les canopes, à l'image des quatre fils d'Horus. Selon la règle, on ne retirait pas le c½ur. Les endroits dont on avait enlevé les organes étaient remplis de bandelettes ou de chiffons imprégnés de résine. Ces opérations se déroulaient dans "la Maison d'Embaumement" suivant des rites précis. Le prêtre qui exécutait l'embaumement portait un masque d'Anubis.
Ainsi préparé, le corps est finalement "revitalisé". C'est ainsi que s'est introduite la notion de "rite d'ouverture de la bouche". Le corps est ensuite placé dans la tombe avec le mobilier : le mort va vivre désormais dans sa demeure d'éternité.
FANNY